Préparation physique en cyclisme - Généralités
Tout effort physique est subordonné à une dépense
énergétique. Le cyclisme n’échappe pas à cette règle, c’est pourquoi
l’athlète pratiquant cette discipline ne peut s’exprimer au maximum de
ses possibilités que s’il possède des réserves nécessaires et
suffisantes aux sollicitations dont il est l’objet.
Bien entendu la dépense énergétique est différente s’il s’agit d’un
sprint sur 200m, ou d’une épreuve routière de 100Km.
En fonction de la durée et de l’intensité de l’effort « le carburant »
nécessaire à l’alimentation du moteur humain est différent.
Les diverses spécialités cyclistes font appel aux 3 filières
énergétiques, qui vont contribuer au fonctionnement de l’organisme et
qui déterminent 3 processus d’intervention.
- Anaérobie alactique : utilisation des phosphagènes
- Anaérobie lactique : utilisation de la glycolyse anaérobie
- Aérobie : utilisation de la lipolyse et de la glycolyse aérobie
ENTRAÎNEMENT
On définit l’entraînement comme l’ensemble des
processus visant à amener progressivement un coureur à son meilleur
niveau en fonction d’objectifs précis , et à s’y maintenir tant que
cela semble nécessaire.
Ces processus font appel à 3 types de préparation :
- PPG et PPS
- Préparation technico-tactique
- Préparation psychologique
Ces 3 types de préparation ont un caractère indissociable dans la
mesure ou chacune d’elle à des répercutions sur les autres, et sur le
coureur dont elle modifie la manière d’appréhender son activité.
LA PRÉPARATION PHYSIQUE
Le cyclisme nécessite des efforts d’une intensité
telle, qu’une condition physique irréprochable est indispensable si
l’on veut aborder la compétition, à quelque niveau que ce soit, avec
l’espoir d’y réussir des performances acceptables.
Autrefois, les cyclistes étaient recrutés dans le milieu des
travailleurs manuels, qui en raison des efforts demandés par leur
profession, possédaient en permanence une excellente condition
physique. Aujourd’hui les cyclistes pratiquent de plus en plus tôt,
ils sont meilleurs spécialistes car mieux entraînés et mieux encadrés.
Mais pour les plus jeunes ou les moins bien encadrés, il existe une
carence au niveau de la condition physique à certaines périodes de
l’année ; la préparation physique, générale ou spécifique, palie à
cette carence, contribuant à former un athlète avant un coureur et
aide plus particulièrement au développement de : La
vitesse :
La vitesse est définie comme l’aptitude à parcourir
une distance donnée dans le temps le plus court possible.
- Vitesse de base : elle représente la vitesse maximale dont est
capable chaque coureur, sur une très courte distance qui lui permet
d’exprimer la totalité de ses possibilités. La vitesse de base étant
liée à la puissance anaérobie du sujet.
- Vitesse spécifique : c’est la vitesse de course sur une distance
donnée, sans tenir compte du développement utilisé. En effet un
coureur peut effectuer un parcours dans un temps meilleur que son
adversaire, avec un développement inférieur, supérieur, ou égal. Dans
ce cas de figure il peut avoir une meilleure vitesse spécifique, mais
pas obligatoirement une plus grande vélocité. La
vélocité :
- Vélocité de base : elle correspond à la fréquence de
pédalage maximale, à charge nulle exprimée en nombre de tours par
minute, dont est capable chaque coureur.
La vélocité de base liée à la puissance anaérobie alactique se mesure
sur un temps très court (< à 10s) à l’issue duquel elle atteint sa
valeur maximale pour décroître ensuite. Mesurée sans déplacement, sur
bicyclette ergométrique en laboratoire, ou avec le vélo habituel sur
le terrain, elle ne subit pas l’interférence de la résistance de
l’air.
- Vélocité spécifique : vélocité spécifique du développement :
correspond à la fréquence maximale de pédalage exprimée en tour par
minute avec un développement donné. Elle est mesurée sur le terrain,
sur une très courte distance, parcourue lancée elle est liée à la
puissance anaérobie alactique.
Plus le développement testé pour mesuré cette vélocité est important,
plus le coureur doit techniquement bien se lancer de manière à ce que
la mesure ne soit pas sous évaluée.
Mesurée en mouvement, la vélocité spécifique du développement est
tributaire des résistances de l’air, de roulement et de frottement.
Vélocité spécifique de la distance parcourue : Elle correspond à la
fréquence de pédalage moyenne, exprimée en tours par minute, obtenue
avec un développement unique donné sur une distance type.
On calcule la vélocité spécifique de la distance sur route, en tenant
compte du développement moyen utilisé sur la totalité du parcours, ou
de la moyenne des différents développements spécifiques à chaque
portion de parcours.
L’aptitude à maintenir un pourcentage élevé de la vélocité spécifique
du développement détermine la vélocité spécifique de la distance
parcourue. La force spécifique :
C’est l’aptitude que présente un coureur à emmener un
braquet (ou développement), exprimé en nombre de dents (plateau +
pignon arrière) ; elle est relativisée par la fréquence de pédalage
qui lui est associée. On parle alors de puissance, c’est à dire de la
quantité de travail effectuée dans un temps donné. La puissance est la
produit de la force par la vitesse donc en cyclisme, le produit du
développement par la fréquence de pédalage en tours par minute.
Plus la puissance est élevée et plus l’allure est élevée, on parle
alors de vitesse spécifique. LA PRÉPARATION PHYSIQUE
GÉNÉRALE
Une fois le bilan annuel établi, il faut penser à la
préparation de la future saison et se consacrer durant la période
hivernale, après une période de transition, à une phase de préparation
physique générale ayant pour but :
-
de conserver l’habitude des activités
physiques, sur le plan musculaire, cardio-vasculaire, respiratoire
et nerveux.
-
de préserver une bonne hygiène de vie sur le
plan de l’alimentation et du repos en particulier.
Conserver l’habitude des activités physiques :
Tout repos prolongé, sans activité occasionne une
diminution notable du potentiel physique du cycliste, diminution
d’autant plus importante que le niveau de l’athlète est élevé.
En période de compétition l’organisme entraîné, a pris certaines
habitudes, d’une manière générale pour compenser les efforts fournis
durant l’entraînement et la compétition, le coureur observe des
périodes de récupération active ou non, permettant la restauration de
ses potentialités.
En période hivernale une cessation totale d’activité physique ne peut
être envisagée, à plus forte raison si le niveau du cycliste est
élevé. En effet durant cette période de non compétition, il est de
l’intérêt du cycliste de pratiquer certaines activités afin de
conserver et de renforcer sa condition physique Il doit conserver ses
potentialités en effectuant un travail général sur les différentes
qualités nécessaires à sa pratique, on peut abandonner l’activité
physique spécifique pendant une certaine période, mais sans pour
autant laisser l’organisme inactif.
Un programme élaboré, comprenant diverses activités physiques est
alors proposé en fonction de l’âge, du niveau et du temps dont on
dispose.
Diverses activités physiques utilisées en période de préparation
physique du cycliste :
- Musculation : cf. caractéristiques de la PPG.
- Natation : la natation est un sport complet imposant une
sollicitation énergétique à dominante aérobie intéressante pour la
pratique du cyclisme, elle permet de plus un renforcement musculaire
général approprié, et permet dans un premier temps de palier aux
points faibles de l’individu.
Une pratique en parcours continu ou fractionné suivant l’objectif
recherché, est profitable.
- Ski de fond : tout comme la natation, le ski de fond est un sport
complet présentant de plus l’avantage d’être porté, et contribuant au
développement des potentialités aérobies.
En début de PPG entraînement sous forme de parcours continu à
intensité modérée, ensuite l’intensité est progressivement augmenter,
on peut alors utiliser des exercices fractionnés permettant de
développer la PMA.
- Sports collectifs : permettent le développement de la force
explosive.
- La course à pied : développement des qualités aérobies.
On ne rejette pas systématiquement toute activité spécifique durant la
période de préparation générale, bien au contraire. Elles sont très
utilisées et suffisamment variées pour contribuer à l’entretien et au
développement d’un grand nombre de potentialités.
Piste, cyclo-cross, VTT, home-trainer, pignon fixe
Préserver une bonne hygiène de vie :
Durant la période de PPG, le coureur doit éviter, en
surveillant ses habitudes alimentaires, de prendre du poids superflu
difficile à perdre en début de saison et nuisible pour la performance.
Dans cette optique le cycliste devra élaborer un régime a base
principalement, d’hydrates de carbone complexes : nécessaires pour
répondre aux dépenses énergétiques importantes que représente cette
période d’entraînement, mais aussi pour faciliter la régénération des
stocks en glycogène et la récupération du sportif.
Le sportif doit baser sa récupération sur une quantité suffisante de
sommeil, qu’il pourra si possible compléter par des séances de
massage. CARACTÉRISTIQUES DE LA PRÉPARATION PHYSIQUE
Pour la compétition cycliste, le plan d’entraînement
se base tout d’abord sur la condition physique générale. Cette
préparation physique générale vise donc à développer les systèmes de
l’organisme (circulatoire, respiratoire...), ainsi que les groupes de
muscles déterminés et nécessaires à la pratique du cyclisme
(quadriceps, ischios jambiers...), pour les mettre en situation
d’accommodation à un entraînement spécialisé. Cet entraînement de base
est particulièrement important pour les jeunes coureurs.
Une préparation physique de base est d’autant plus bénéfique et
transférable à l’entraînement spécifique qui lui succède qu’elle est
étalée sur une longue période de temps.
Un travail de renforcement musculaire adapté, avec la méthode du
circuit-training est particulièrement bien adapté pour le cycliste,
car il réunit plusieurs exercices avec et sans appareil. La durée des
exercices des pauses entre les séries, et des récupérations entre les
exercices est telle qu’on peut mettre sur pied un type d’entraînement
par intervalles, destiné à améliorer l’endurance générale de
l’organisme et donc en particulier l’endurance musculaire.
Les circuits d’entraînement peuvent être complétés ou modifiés au sein
même de la séance pour s’adapter au mieux aux manques et aux besoins
du cycliste. Musculation corrective :
A l’exception des membres inférieurs auxquels on fera
subir un entraînement spécifique, il est nécessaire de renforcer les
muscles qui interviennent au plan secondaire lors d’une épreuve de
cyclisme; plus particulièrement:
-
lombaires
-
abdominaux
-
pectoraux
-
bras
Ici l’objectif ne réside pas dans l’augmentation de la
masse musculaire, mais dans un meilleur rendement du muscle sans
accroissement notable du volume; donc d’une amélioration de
l’endurance force. Travail de la souplesse :
La souplesse est à la base de toute performance du
coureur cycliste; une bonne souplesse au niveau des articulations
permet le pédalage avec un minimum d’effort; le moindre frein dans la
souplesse des articulations restreint le degré de liberté au niveau de
la cheville. L’exécution du mouvement va alors se faire au prix d’une
plus grande dépense d’énergie.
Du fait de la position sur le vélo qui sollicite considérablement les
vertèbres lombaires et cervicales, il est de l’intérêt du cycliste de
parfaire la souplesse de sa colonne vertébrale. La
force comme objectif global :
La force musculaire est une condition élémentaire de
toute activité sportive, un niveau minimal est donc toujours
indispensable. Celui-ci dépend d’un côté de la discipline sportive, de
l’autre de la catégorie de performance. Le rôle de la force varie
d’une discipline à l’autre et son importance se modifie avec
l’évolution de la performance.
La force constitue un élément capital de la condition physique
essentiellement marquée en outre par le niveau d’endurance et la
vitesse. Il faut dire très explicitement que la force n’est pas
indépendante de la vitesse et de l’endurance. Les trois éléments sont
au contraire liés, car la force conclue des unions avec l’endurance et
la vitesse donnant lieu à des combinaisons caractérisées par un
rapport proportionnel spécifique.
La force-endurance est la capacité de maintenir une performance de
force à un niveau constant pendant une durée fixée par l’activité
sportive, ou de maintenir dans des proportions minimales la baisse du
niveau de force sous l’effet de la fatigue. FRÉQUENCES
DES SÉANCES DE PRÉPARATION PHYSIQUE :
En règle générale, la fréquence des séances de
préparation physique dépend de multiples facteurs :
-
Le niveau de performance des athlètes.
-
La quantité de travail réalisée au cours des
séances d’entraînement spécifique.
-
La disponibilité des athlètes : qui dépend de
leur rythme de vie sociale.
-
La disponibilité des salles d’entraînement et
du matériel.
-
Le poids des croyances au sein de la spécialité
: qui fait que la préparation physique peut être considérée soit
comme une fatigue supplémentaire et inutile soit comme « la solution
miracle ».
-
L’investissement et la confiance du staff
technique.
Les recherches menées par Fleck et Kraemer donnent une
idée sur l’influence de la fréquence des séances d’entraînement en
force, sur les progrès réalisés en développé couché. A travers ces
études, il paraît convenable d’affirmer qu’un rythme de deux séances
de préparation physique par semaine, est une condition minimum pour
effectuer un travail de qualité et enregistrer des effets positifs.
Sébastien MAITRE
préparateur physique
http://www.preparation-physique.net
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